Le Bassin d'Arcachon au printemps ? Guillaume Canet adhère !

13.05.2018

L’acteur et réalisateur tourne au Cap Ferret « Nous finirons ensemble », la suite des « Petits Mouchoirs ».

Entretien à bâtons rompus entre deux scènes.

 

Nous voici ce jeudi matin dans le secteur des 44 hectares, à la Pointe du Cap Ferret, sur le tournage de « Nous finirons ensemble », la suite des « Petits mouchoirs », tourné au même endroit par le même réalisateur, Guillaume Canet. Il a réglé la mise en place d’une scène à tourner cet après-midi dans l’allée qui longe la villa. Avant de déjeuner, il nous parle de son film et du Cap Ferret dans le salon de la plus célèbre « cabane » du bassin d’Arcachon.

 

Comment se passe ce tournage ?

Guillaume Canet. Super bien ! Je suis très heureux de retrouver les personnages, l’équipe technique avec qui je travaille toujours, les acteurs. Et il y a beaucoup d’émotion à retrouver la région, la maison.

Pourquoi tourner au printemps ?
Je viens très souvent ici. Je voulais montrer la vie au Ferret hors saison. Je débute le film sur le travail de dingue des ostréiculteurs dans leurs parcs, avec le froid. Un autre plan montre les volets fermés des maisons. Enfin, le film se passe pendant les vacances de Pâques. La lumière du printemps est très belle. Il y a des points de vue sur le Bassin, sur l’océan, sur les plages désertes. Je voulais ce côté plus sauvage.

 

« Les Petits Mouchoirs » n’appelaient pas forcément une suite…
Non. Mais tout le monde me la demandait ! Je n’ai pas très bien vécu tout ça. Je parlais d’une histoire vraie, d’un pote mort dans un accident de moto. Le film a été compliqué pour moi et le jour de la sortie, un autre pote de ma bande s’est tué en moto. J’étais en pleine promo. Du coup, je n’ai pas tellement vécu le succès du film. J’avais l’impression d’un truc très putassier. Je n’ai apprécié le succès que bien plus tard. J’ai même fait un rejet du film.

 

C’est-à-dire ?
Le côté sentimental, l’émotion à la fin, c’était un peu pataud. Mais parce que c’était sincère, très personnel. Comme un type à table que vous ne connaissez pas et qui vous déballe tout et se met à pleurer. Ce manque de pudeur me dérangeait.

 

Qu’est-ce qui a changé ?
Je l’ai revu un soir en zappant sur la télé. Et j’ai été agréablement surpris. Et je me suis demandé si, moi aussi, j’avais envie de retrouver ces personnages. Surtout par rapport à ce que j’ai vécu. Après 40 ans, on n’a pas toujours les mêmes amis, des couples se sont défaits, on en connaît d’autres, on a des enfants, on a parfois perdu un parent, les priorités changent. Il y a moins ces faux-semblants que l’on trouvait dans le premier film. On dit plus facilement à un ami qu’il est devenu con. C’est pas parce qu’on a été pote pendant vingt ans qu’on doit le rester. Cette phrase pourrait être le sous-titre de cette suite. Et après avoir passé certains caps, se dire les choses peut aussi les sceller et permettre, justement, de finir ensemble.

Le ton du film sera mélancolique ?
Il y a beaucoup plus de comédie que dans le premier, où la mort de Ludo (Jean Dujardin) plongeait les personnages dans le drame.

 

  • L'énorme succès populaire des "Petits mouchoirs"
    Quand « Les Petits mouchoirs » est sorti en 2010, le film réalisé par Guillaume Canet s’est fait assez largement étriller par la critique. « Ce fut mitigé en effet », consent l’acteur-réalisateur. Mais le public a plébiscité cette histoire de trentenaires et de quadras égocentriques en vacances au Cap Ferret. Le film a finalement totalisé plus de 5,5 millions d’entrées. Et même si rien dans le film ne dit qu’il se déroule au Cap Ferret, tout le monde a compris. Bon, quelques indices parsèment le film (la dune du Pilat, la pinasse, les cabanes du Cap Ferret, etc). Et si l’été qui a suivi la sortie du film, beaucoup de touristes sont venus passer leurs vacances sur les lieux du film, l’impact s’est peu à peu estompé. « Honnêtement, on ne ressent plus cet effet “Les Petits Mouchoirs”, avouait Pascale Lassus Portarrieu, directrice de l’office de tourisme de Lège-Cap-Ferret, l’an dernier. Il a duré un an. » Court mais intense, très intense, avec même des tours operators qui promettaient la maison du film ! Pour la suite, on verra en 2019...

« Rock’n’roll » a été un succès critique et populaire, y a-t-il un « risque » à vous lancer dans la suite des « Petits mouchoirs » ?
J’ai toujours fait l’inverse de ce que j’aurais dû. Si j’avais tourné ce film tout de suite après « Les Petits mouchoirs », on aurait moins galéré à le monter. Mais je suis parti aux USA faire « Blood Ties » sans argent, sans connaître personne. Je me suis entièrement remis en question. Tout le monde m’a déconseillé, pour mon image, de faire « Rock’n’roll ». Il faut faire ce métier avec toute l’inconscience et l’insouciance possible. Je suis mon cœur. Je me mets toujours à la place du spectateur. Ce que je filme va-t-il m’émouvoir ou me faire rire ? Il faut faire ce que l’on ressent. Faire des films demande de la passion. C’est à chaque fois deux ans de travail, il faut être habité de manière intense. Là, j’avais envie de raconter l’histoire de « Nous finirons ensemble » parce qu’elle a du sens pour moi.

 

Le Cap Ferret est-il le seul décor ?
Oui. Dans le premier, il n’y a pas un panneau signalant le Cap Ferret, rien. Je voulais préserver le coin.

C’est raté…
Oui ! Les gens ont quand même vu où c’était ! Mais il y a eu du monde au Cap Ferret avant « Les Petits Mouchoirs » quand même ! La seule chose qui m’emmerde, mais je n’en suis pas le seul responsable, et ça fait des années que le Ferret est médiatisé, c’est que les gens du coin n’arrivent plus à se loger. Je le sais, j’ai des copains ici. Et l’hiver, de plus en plus de magasins ferment parce qu’il n’y a du monde que l’été.

 

Comment avez-vous découvert le Cap Ferret ?
J’y suis allé pour la première fois il y a vingt-cinq ans, dans la maison d’un pote, à la Pointe aux chevaux. Et puis j’y suis revenu, avec Gilles Lellouche, avec la bande et au fil du temps, je ne suis plus venu que là, tous les étés. Et puis il y a cinq ans, nous avons fait construire. Et nous vivons ici le plus possible dans l’année.

 

Pourquoi le Cap Ferret ?
C’est ma région d’adoption. Je veux y finir mes jours. J’ai grandi à la campagne et ici, il y a tout, la forêt, l’océan, bref tout ce qui me rend heureux. Je suis un peu ours donc le Cap Ferret me convient : la chasse, le vélo, le surf, la pêche… J’aime le temps d’ici, même quand il pleut, les odeurs, les marées, ce paysage qui change tout le temps, et puis on mange bien, on boit bien. C’est la plus belle des régions et je veux le montrer dans mon film.

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Un tournage très secret ancré au cœur du Cap Ferret

Les équipes de tournage se sont installées à la fin du mois de mars au cœur des 44 hectares, à la Pointe du Cap Ferret, et y resteront jusqu’à la fin mai. « Nous finirons ensemble » est la suite des « Petits mouchoirs » et se déroule au même endroit, sept ans après. La bande du premier film se retrouve au Cap Ferret pour l’anniversaire de Max (François Cluzet). Le temps a passé, la bande n’est plus tout à fait la même. Voilà pour l’histoire. Alors que le premier film se déroulait en partie à Paris, le second ne se passe qu’au Cap Ferret, pendant les vacances de Pâques. « Je ne voulais pas refaire le même film, montrer les mêmes choses, les mêmes activités que dans le premier », explique Guillaume Canet.

Mais le réalisateur imaginait-il un début de printemps aussi pluvieux sur le Ferret ? « Il y a pas mal de séquences au soleil, poursuit-il, parce qu’il fait aussi beau à Pâques ici ! Depuis notre arrivée, nous avons réussi à jongler avec la pluie. Nous nous sommes pas mal débrouillés. Nous avons tourné toutes les scènes d’intérieur quand il pleuvait. » Certes, mais cette semaine de beau temps tombe quand même plutôt pas mal : « Nous avons maintenant vraiment besoin de soleil. Bon, il est censé faire très beau toute la semaine, c’est plutôt cool. » Tout le casting est donc actuellement au Cap Ferret. Tous les acteurs des « Petits Mouchoirs » sont là. Sauf Jean Dujardin, évidemment, puisque le personnage qu’il incarnait est mort lors du premier film. Mais François Cluzet, Marion Cotillard, Gilles Lellouche, Laurent Lafitte, Benoît Magimel, Pascale Arbillot et Valérie Bonneton font partie du film. D’autres acteurs s’ajoutent à la troupe : « Il y a de nouveaux personnages, confie Guillaume Canet. Il y a un petit garçon de 7 ans. Il y a un autre personnage qui… Enfin vous verrez ! C’est dommage de tout dévoiler. Il y a de nouveaux personnages et donc de nouveaux acteurs comme par exemple José Garcia… » Et nous n’en saurons pas plus. Enfin si, le casting ne se résume pas aux acteurs vedettes. Guillaume Canet a voulu véritablement ancrer son film dans la vie du Ferret et pas seulement en filmant les paysages : « Des gens de la région seront dans le film. Plein de potes du coin seront dans le film. Des ostréiculteurs, des restaurateurs, des commerçants d’ici. » D’accord, mais qui ? Des noms ! « Y a mon pote Nicolas Kopniaieff ainsi que François, Olivier et Bernadette, du restaurant Chez Hortense, bref, il y aura plein de gens du coin qui sont des potes et que je connais depuis vingt-cinq ans que je viens ici. » Très bien, mais il manque quelqu’un, non ? Un type très important, un gars avec des épaules larges comme un chaland ostréicole, il sera là ? « Bien sûr que Joël Dupuch est dans le film. » Ouf…

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